« Aussi bien la mise en place du service taxis que celui de l’ordre public, dans une ville, découle de la seule motivation de faciliter le mouvement des usagers dans les meilleures conditions de sécurité et de qualité. Il suffit qu’on oublie cette axiome pour qu’on assiste à des situations où et le fournisseur du service, le taxi, et le client, l’usager, sont tous les deux pénalisés avec la naissance du sentiment de « hogra »,
« On a l’impression que les agents de l’ordre public sont là pour nous retirer nos permis de conduire », nous a déclaré ; hier, un taxieur exerçants au centre ville de la capitale de l’Est. En effet, tout au long de la journée, les passants au centre ville de Constantine assistent à un véritable jeu du chat et la souris entre les agents de l’ordre public et les taxieurs. « On n’a pas le droit de faire descendre un client et de prendre un autre, un agent de l’ordre m’a établi un PV, ce matin, parce que j’ai observé une halte devant un hôtel pour prendre un client », nous à précisé un autre taxieur. Notre interlocuteur rajoute qu’il ne connaît pas un endroit à Constantine où il peut observer un arrêt sans avoir peur des agents de l’ordre public.
« On est obligé de faire descendre un client, qui paie une course, loin de sa destination parce qu’un agent de l’ordre est présent sur les lieux, ce qui est une arnaque de entre part et un non respect du contrat de transport qui nous lie à l’usager », précise un autre taxieurs exerçants cette profession depuis une trentaine d’années.
Notons qu’aucune loi, ni le code de la route de par le monde n’interdit au taxieurs de s’arrêter, pour prendre où faire descendre un client sauf si la manœuvre représente un danger.
Dans la ville des ponts, cette interdiction est devenue, depuis plus de 4 années, une règle et non une exception.
Comme dans toutes les situations, en marge de l’excès des interdits peut se développe un environnement propice aux passes droits et c’est ce qui à craindre car, ce jour là, c’est toute la crédibilité de l’état qui prendra un sévère coup.
Déjà, de l’avis des constantinois, ce sont rarement ceux qui gênent la circulation par leurs comportements qui sont sanctionnés, car il faut bien reconnaître que certains taxieurs ne méritent même pas cette appellation. D’autre part, tellement usitée à des fins populistes et perverties, des notions comme société civile et état de droit ont perdu de leur sens. En effet, si le retrait du permet obéit à une procédure légale, on commence, dans le vieux rocher, à s’interroger si le moment n’est pas venu d’ester en justice chaque policier qui confisque ce document, même par mesure conservatoire, sans un arrêt des tribunaux. Pour cela il faut la réunion de deux conditions. La première est que la victime soit au dessus de tout soupçons, la seconde est que la justice soit en mesure de relever le défi, celui d’appliquer la loi telle quelle et dans la lettre.
« Aussi bien la mise en place du service taxis que celui de l’ordre public, dans une ville, découle de la seule motivation de faciliter le mouvement des usagers dans les meilleures conditions de sécurité et de qualité. Il suffit qu’on oublie cette axiome pour qu’on assiste à des situations où et le fournisseur du service, le taxi, et le client, l’usager, sont tous les deux pénalisés avec la naissance du sentiment de hogra », explique un spécialiste algérien en économie de transport, installé à l’étranger et de passage à Constantine
Betina Souheila
















